Echapper au Consumérisme

Les vacances peuvent s’avérer un moment stressant pour les gens sans argent. Le consumérisme a infiltré toutes les saisons de vacances et de fêtes, à tel point qu’on dirait presque que l’âme de ces fêtes est avant tout commerciale. Noel est juste une foire à l’achat de cadeaux pour d’autres gens, alors que ce fut autrefois une fête religieuse, païenne avant d’être Chrétienne. Et dans le passé, pas si lointain que ça au final, avant les années 50, Noel n’avait rien de consumériste. Il en va de même pour nombre de fêtes au calendrier.

Il n’y a aucune réelle obligation, ni culturelle ni morale, à offrir quoi que ce soit. En fait, même si ces obligations existaient, il n’y a absolument aucune honte à s’y soustraire et à préférer un autre mode de vie. Offrir ne rythme pas avec paquet cadeau, fête de noel et découvert sur votre compte. Vous pouvez offrir sous beaucoup de formes différentes, à tout moment de l’année, sans vous ruiner. Et ce n’est pas parce que tous les magasins mettent des pubs de noel ou des guirlandes qu’il faut leur donner votre argent en échange de quelque chose qui le plus souvent ne sera que moyennement apprécier, et pas non plus forcément nécessaire.

Dans mon cas, je n’offre que des choses que je sais, pour en avoir discuter, réellement désirées et ou nécessaires. Je ne suis pas radin, et je préfère souvent faire des petits cadeaux tout au long de l’année, sous la forme de voyage, d’attentions du quotidien, et je ne supporte pas de me sentir sous une forme d’obligation sociétale d’avoir à acheter pour Noel ou la Saint-valentin. On peut aimer ses enfants et sa femme sans leur offrir des cadeaux pour les fêtes. Et l’inverse est tout aussi vrai.

Il faut commencer par réfléchir à ce que cela veut vraiment dire que d’offrir un cadeau à quelqu’un. Il est tout à fait normal de vouloir participer à l’esprit des fêtes, et d’apporter bonheur, réconfort, amour. Et vouloir faire plaisir, aussi, à ceux que l’on aime. Cependant, beaucoup de gens ne sont pas dans une position financière idéale pour dépenser des tonnes d’argent sur des biens matériels. Ce problème est en fait très fréquent. La majorité des gens, je dirais, fait face à cette situation de vouloir répondre aux attentes des personnes chères tout en luttant pour rester responsables et ne pas déséquilibrer ses propres finances. Parfois même, des personnes se sentent coupables de ne pas dépenser « tout ce qui est possible » pour faire plaisir à l’autre. Sauf que le plaisir n’est pas proportionnel au prix du cadeau.  

Il y a deux choses dont on peut être certain sur les cadeaux pendant les fêtes. Premièrement, vous n’êtes pas le ou la seule à vous sentir sous pression financière : tout le monde vous dira, s’ils sont honnêtes, que leur situation financière ne leur permet pas vraiment, et que s’ils étaient capables de ne pas subir le jeu du consumérisme des fêtes, ils s’en porteraient mieux tout au long de l’année. Deuxièmement, tous ceux qui vous aiment vraiment devraient comprendre votre décision, et la supporter, si vous choisissiez de ne pas jouer le jeu du consumérisme au nom de la responsabilité financière.

Bien évidemment, le plus grand cadeau que vous pouvez offrir à un être cher, c’est l’honnêteté et la responsabilité. Parfois, cela veut dire de prendre le temps de discuter avec eux, pour leur expliquer que votre situation actuelle ne permet pas de participer à la pratique des achats de cadeaux jusqu’au gavage. Vous pourriez par exemple leur dire que, comme vous ne voulez pas subir une pression de leur part vous obligeant, moralement à acheter des cadeaux, vous les enjoignez à ne pas, de leur côté, avoir à vous en faire. Vous serez parfois surpris de voir la réaction des gens, qui abonderont dans votre sens. Dès que quelqu’un ose dire que, cette année, il ne peut pas participer, beaucoup d’autres se sentent soulager et signent l’accord rapidement, car eux non plus ne le peuvent pas.

Il y a des alternatives et des compromis qui peuvent être faits pendant les fêtes. Une idée populaire, dans un groupe d’ami ou une famille, est de tirer des noms au sort, et chaque personne se retrouve avec un cadeau à faire à quelqu’un d’autre. Cela limite donc le nombre de cadeau à faire à 1 par personne, et tout le monde aura un cadeau au final ! L’idée est de se contenter de cadeaux d’une valeur peu élevée, 30 à 50€ semble correct, mais cela dépend de la situation de tout à chacun. Il n’y a pas besoin de faire dans l’excès, ni dans la valeur ni dans le nombre. 

Une autre idée populaire est souvent de limiter les cadeaux aux enfants, et que les adultes se mettent d’accord entre eux. C’est un compromis qui permet tout de même aux enfants de profiter des fêtes, sans se ruiner. Toutefois, le meilleur des cadeaux restera toujours un cadeau collectif : comme un weekend de vacance ou une journée à Disneyland.

Gardez toujours en tête que tous ceux qui vous aiment réellement comprendront tout à fait que le meilleur cadeau que vous pouvez leur faire est la responsabilité financière. Il n’y a absolument rien de mal à vous excuser poliment de ne pas jouer le jeu consumériste des fêtes. Vous n’êtes pas le seul dans ce cas.